Suivi GPS d'oiseaux limicoles
En 2025, un suivi télémétrique a débuté et va se poursuivre jusqu'en 2028. Ce suivi a pour objectif de permettre une identification précise des zones de reposoir et d'alimentation.
Le Bassin d'Arcachon
Le Bassin constitue une étape indispensable pour les oiseaux migrateurs. Certains viennent du sud pour s'y installer l'été, d'autres y font halte au printemps ou à l'automne, tandis que certains venus du nord s'y installent en hiver.
Au printemps, départ vers le nord
Au printemps, de nombreux oiseaux quittent le Bassin d'Arcachon pour entamer leur migration vers le nord de l'Europe. Ce déplacement saisonnier est essentiel : ils rejoignent des zones riches en ressources, comme de vastes prairies humides, véritables garde-manger où la nourriture est abondante et les conditions favorables à la reproduction.
Parmi les premiers à entreprendre ce long voyage figure Lio, un chevalier gambette. Il a trouvé un site propice à son développement en Allemagne, au bord d'un bras de l'Elbe, un environnement idéal pour se nourrir et, potentiellement, se reproduire.
Les courlis, représentés en jaune sur la carte, semblent se diriger bien plus au nord-est que les chevaliers, indiqués en rouge. Ces différentes routes migratoires reflètent les besoins spécifiques de chaque espèce, ainsi que leur adaptation à des habitats distincts.
Ces voyages, parfois longs de plusieurs milliers de kilomètres, montrent à quel point la préservation de chaque site, du Bassin jusqu'aux zones de reproduction, est essentielle pour la survie de ces espèces.
Pourquoi ces oiseaux migrent-ils ?
Pendant la période de reproduction en Europe du Nord, les chevaliers gambette comme Lio fréquentent principalement des prairies humides à l’intérieur des terres. Ils y chassent activement des insectes, des larves et des vers, des ressources abondantes et essentielles pour couvrir leurs besoins énergétiques, notamment en période de nidification. Au nord, les jours sont également plus longs, laissant place à une activité plus importante de leurs proies.
Avec l’arrivée de l’hiver, leur régime alimentaire évolue. Ils rejoignent les zones littorales, où ils se nourrissent majoritairement de mollusques et de crustacés. Les vasières et estrans deviennent alors des habitats clés, riches en nourriture et indispensables à leur survie durant cette saison.
Le Bassin d’Arcachon constitue à ce titre un site d’hivernage privilégié, offrant des ressources alimentaires abondantes et des conditions favorables pour accueillir ces oiseaux migrateurs.
Un cas insolite
Ce suivi individuel permet de recevoir une position GPS des oiseaux équipés au moins toutes les heures. Il offre ainsi une vision totalement inédite de la manière dont les oiseaux utilisent le Bassin d’Arcachon au quotidien.
Les premières données révèlent déjà des comportements surprenants. Par exemple, un courlis cendré équipé sur la Réserve ornithologique du Teich effectue régulièrement des allers-retours inattendus. Plutôt que de se nourrir uniquement sur l’estran, comme on pourrait s’y attendre, il se rend aussi dans les champs de Gujan-Mestras, montrant que certaines espèces exploitent des ressources bien au-delà des milieux littoraux.
Le suivi et ses objectifs
L’objectif de ce suivi est d’identifier précisément les zones de repos et d’alimentation des oiseaux, ainsi que les couloirs qu’ils empruntent entre ces différents sites. Ces données permettront notamment de mieux comprendre quelles vasières du Bassin d’Arcachon sont les plus utilisées pour l’alimentation, mais aussi d’évaluer leur accessibilité depuis les zones de repos en termes de continuité écologique (distance, présence de corridors favorables et tranquillité des milieux). Ce suivi par télémétrie s'intègre dans les programmes « FONPAL » d'Emmanuel Joyeux et « COURLIS » de Pierrick Bocher.
Ces informations devraient aider le Parc naturel marin du Bassin d’Arcachon à mieux orienter ses actions de conservation en faveur des espèces d’oiseaux du territoire.
Olivier Tredivic / OFB