Restauration des herbiers de zostères : des résultats positifs

20 novembre 2025

Les actions de restauration des herbiers de zostères menées par le Parc naturel marin du Bassin d’Arcachon livrent leurs premiers enseignements. Les semis de graines et les transplantations montrent des résultats positifs.

Un enjeu majeur pour le Bassin : restaurer des herbiers en forte régression

A partir du début des années 2000, les herbiers de Zostère naine (Zostera noltei) et de Zostère marine (Zostera marina) ont connu une forte régression :
- 45 % de surface pour la Zostère naine,
- 84 % pour la Zostère marine.
Les causes ont été identifiées : la régression a été initiée par les canicules marines associées à la présence de contaminants (comme l'Irgarol), et s'est poursuivie par ses propres conséquences sur l'hydrodynamisme et la turbidité. Leur restauration est l’un des objectifs majeurs inscrits dans le plan de gestion du Parc naturel marin d'ici 2032.

Parmi les actions menées, la collecte participative des graines, durant l'été, joue un rôle clé. Encadrés par les équipes du Parc, les bénévoles collectent manuellement les graines de zostère naine (Zostera noltei) arrivées à maturité. Cette étape est déterminante : elle permet de constituer un stock de graines qui seront ensuite semées sur des sites où l’herbier a régressé ces dernières années.

Cette année, 180 volontaires, acheminés par quatre bacs à voile et des navigateurs bénévoles, ont contribué à récolter les pieds reproducteurs. L’enthousiasme reste fort, avec 290 demandes d’inscription. Les graines collectées constituent la base des futurs semis destinés aux zones en déclin.

Des semis réalisés sur des zones en déclin

Les graines récoltées sont triées, stockées au froid, traitées contre les pathogènes, puis semées selon un protocole rigoureux par les équipes du Parc et les Sea Rangers sur différents secteurs du Bassin. 

L’un des secteurs les plus suivis est celui de Salines (Gujan-Mestras), qui a bénéficié de semis en octobre 2023.
Les observations menées en 2024-2025 révèlent :
- une reprise de l’herbier sur environ 1 000 m²,
- une germination confirmée en laboratoire (~15 %) et en milieu naturel,
- un bon maintien dans les secteurs ne subissant pas une forte accrétion estivale,
- des résultats plus variables dans certaines années, probablement en lien avec les conditions hydrodynamiques. 

Des transplantations ont également été réalisées sur le site de Salines. Les suivis montrent là encore une forte expansion des transplants (jusqu'à x50), répartis sur une surface de 1000 m². 

Le site de Salines avait été identifié comme un secteur favorable pour la restauration grâce à des transplantations exploratoires menées sur plus de 50 stations en 2023. 

Identifier d'autres sites favorables

Les équipes du Parc marin et les Sea Rangers réalisent des transplantations de mottes de zostères prélevées dans des zones denses puis réimplantées dans différents secteurs dégradés. L'objectif est d'identifier d'autres sites pouvant bénéficier d'actions de restauration à grande échelle. 

Au printemps 2025 :
- 1 494 mottes ont été transplantées,
- réparties sur 166 stations, 
- couvrant 13 zones de transplantation sur l'ensemble du Bassin.

Le suivi de l’été 2025 met en évidence :
- 77 % de survie moyenne,
- des zones très favorables (Gaillard, Lège, Le Teich) avec + de 90 % de survie,
- une forte hétérogénéité selon les sites, liée à la présence d’algues, la bioturbation, la topographie du site, la présence d’esteys ou de bancs d’huîtres, le maintien d’eau résiduelle à marée basse.

D'autres données sont en cours d'acquisition et d'analyse. 

Vers une stratégie de restauration à grande échelle

L’ensemble de ces travaux permet aujourd’hui : 
- d’identifier a priori des sites favorables,
- de programmer des actions de restauration à grande échelle,
- d’améliorer les connaissances sur la germination, la croissance des plants et la dispersion des graines.

Ces actions de restauration (choix du site et méthodologie) ont bénéficié du soutien du programme européen Life Marha.