Les Rencontres scientifiques du Parc marin

11 septembre 2025

Mardi 30 septembre, le Parc naturel marin du Bassin d’Arcachon organise ses Rencontres scientifiques : une soirée pour découvrir les dernières études menées sur le Bassin.

Cinq conférences, accessibles à tous, permettront de plonger dans des univers méconnus : migration nocturne des oiseaux, huître plate, espèces invasives, évolution des herbiers marins… Des sujets qui révèlent la richesse et la fragilité de notre territoire.

Au programme :

  • Suivre la migration nocturne des oiseaux. Saviez-vous que la majorité des oiseaux migrent… de nuit ? Grâce à des micros et capteurs sonores, des milliers d’oiseaux ont pu être identifiés à l’automne 2023 au Cap Ferret, offrant un regard inédit sur la migration nocturne.

  • Redécouvrir l’huître plate, la « Gravette » d’Arcachon. Autrefois abondante et aujourd’hui presque disparue, cette huître patrimoniale pourrait retrouver une place sur le Bassin. Quels espoirs de renaissance pour cette espèce emblématique ?

  • La moule asiatique, une espèce qui gagne du terrain. Cette moule colonise de plus en plus les estrans du Bassin. Quels risques pour l’équilibre des écosystèmes ?

  • Les seiches, entre pressions environnementales et survie. Les seiches sont exposées à des pollutions et à l’acidification des océans. Quels sont les impacts sur les juvéniles ?

  • Déclin des herbiers marins. Commet la régression des herbiers influence-t-elle la manière dont les sédiments circulent et se déposent ? Quelles sont les conséquences sur la morphologie du Bassin ?

Que vous soyez passionné de nature, curieux de science ou simplement amoureux du Bassin, ces Rencontres scientifiques sont l’occasion de mieux comprendre notre environnement et les défis qui l’attendent.

Mardi 30 septembre, 18h-21h, Salle publique du Teich. Entrée libre et gratuite

Résumé des conférences :

 

  • Suivi acoustique de la migration nocturne des oiseaux sur la presqu’île du Cap Ferret
    Adrien de Montaudouin (Sepanso)

Le Bassin d'Arcachon est situé sur l’un des principaux axes de migration des oiseaux en France. La pointe du Cap Ferret est depuis des décennies un lieu d’observation et de suivi des oiseaux migrateurs (plus de 5 millions d’oiseaux dénombrés en migration active ces six dernières années). Ces comptages concernent uniquement des observations de jour.
Or, on estime que plus des deux tiers des oiseaux migrent de nuit. Ces dernières années, en France, l’essor des nouvelles technologies et l’avènement des suivis acoustiques ont permis une première approche pour qualifier et quantifier le flux nocturne. Ainsi, une première étude de la migration nocturne par suivi acoustique a été réalisée à l’automne 2023 au Cap Ferret, où des milliers d’oiseaux ont pu être identifiés et recensés au cours des 680 heures d’enregistrement.

  • L’huître plate : description d’un habitat historique et patrimonial proche de disparaître 
    Cynthia Carpentier (Capena)

Longtemps perçus comme inépuisables, les gisements naturels d’huîtres plates (Ostrea edulis) ont atteint, après plus de 200 ans d’exploitation et l’occurrence de deux épizooties parasitaires, un état critique. En Nouvelle-Aquitaine, les huîtres plates - appelées historiquement « Gravettes » sur le Bassin d'Arcachon - ont presque entièrement disparu. 
Dans le cadre du projet Refona, cinq sites présentant O.edulis ont été répertoriés sur le Bassin d'Arcachon. Parmi eux, trois secteurs d’intérêt se détachent avec des individus du naissain à l’adulte, souvent fixés et plus ou moins agrégés. 
Ces huîtres plates sont associées à des peuplements benthiques en bon état écologique. La dissection d’individus a mis en évidence des signes de maturation sexuelle, laissant imaginer la possibilité d’une reproduction ce qui représente une première piste encourageante pour la préservation de cette espèce sur le Bassin.

  • La moule asiatique Arcuatula senhousia dans le Bassin d'Arcachon : état des lieux et évaluation des impacts potentiels
    Hugues Blanchet (Université de Bordeaux)

Le Bassin d'Arcachon abrite de nombreuses espèces exotiques. Parmi elles, la présence de la moule asiatique Arcuatula senhousia est attestée depuis 2002. Après une période de latence de vingt ans, des observations parcellaires suggèrent que cette espèce semble être de plus en plus fréquente. Dans ce contexte, le projet Arcuatula a pour but de dresser un état des lieux de la distribution de cette espèce sur le Bassin ainsi que de vérifier son extension spatiale. 
Les premiers résultats ont montré qu’en trois ans (2018-2021), le nombre de stations colonisées a été multiplié par 3 et que cette espèce pourrait potentiellement se répandre dans la plupart des zones intertidales. Ces résultats révèlent son fort potentiel de colonisation et le risque d'impact sur les écosystèmes. 

  • Quelle vie pour la seiche dans un littoral sous pression ? 
    Thomas Lacoue-Labarthe (CNRS) et Elodie Réveillac (Université de La Rochelle)

Grâce à la diversité des habitats et de la faune du Bassin d'Arcachon, les juvéniles de seiches trouvent en abondance les proies nécessaires pour assurer leur croissance rapide et les abris pour se cacher des prédateurs. Mais elles sont aussi exposées à de multiples stresseurs dont le mercure (Hg), un contaminant problématique du fait de sa bioaccumulation dans les cerveaux et de sa neurotoxicité. Parallèlement, l’océan et ses littoraux sont soumis à une augmentation croissante de la pCO2 (pression partielle de dioxyde de carbone) causant une acidification qui challenge la physiologie et le comportement des organismes. Cette étude a investigué les effets croisés de ces deux contaminants (le Hg et la pCO2) sur le comportement et la cognition des seiches pendant le premier mois de vie juvénile. 

  • Quantification de l’impact de la régression des herbiers de zostères sur la dynamique sédimentaire du Bassin d'Arcachon 
    Florian Ganthy (Ifremer)

Les herbiers marins jouent un rôle majeur sur la dynamique sédimentaire, de par leur capacité à favoriser les processus de dépôt des sédiments et à limiter les processus d’érosion. Cependant, la récente régression des herbiers a grandement réduit cette fonction régulatrice. Dans cette étude, il s’agit de comprendre comment la régression des herbiers a modifié la dynamique sédimentaire de l’environnement. 
Les résultats de modélisation révèlent une intensification des flux d’érosion avec la régression des herbiers, donnant lieu à des concentrations en matières en suspension qui ont en moyenne doublé à l’échelle du Bassin et allant jusqu’à être multipliées par 6 dans certains chenaux internes de fond de Bassin. 
De plus, la régression des herbiers implique une redistribution des différentes classes sédimentaires, conduisant à l’accrétion et à l’envasement des estrans de fond de Bassin, ainsi qu’à l’érosion et à l’augmentation de la fraction sableuse des estrans des zones plus centrales. Enfin, la modification des flux nets d’érosion/dépôt a permis d’expliquer les évolutions morphologiques observées dans le Bassin au cours des trente dernières années, suggérant que la régression des herbiers en est la principale contributrice.